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SOIGNANTS

JOURNÉE MONDIALE DE LA PRÉVENTION AU SUICIDE

Le samedi 10 septembre 2022 est la journée mondiale de la prévention au suicide

Le suicide est aussi ancien que les traces écrites laissées par la civilisation humaine. Il fait partie de l’histoire, de la culture, il est inscrit dans des œuvres artistiques majeures et a fait l’objet de fascination ou d’interdit à travers différentes époques. Les humains se sont toujours questionnés sur le suicide, ses causes, ses conséquences et son rôle dans la société. De nos jours, le suicide est associé à la détresse et aux troubles de santé mentale à la fois par la recherche et par les milieux d’intervention. La prévention du suicide est considérée comme un objectif clinique et de santé publique majeur, qui implique des acteurs à tous les niveaux de la société (politique, médical, social, communautaire, recherche). Lorsqu’on parle de suicide dans ce contexte, on inclut les décès par suicide, les tentatives de suicide et les idéations suicidaires.

L'équipe du Pôle Santé NEV a interviewé le docteur Guy Ursule, médecin psychiatre de la Clinique à Matouba

1) Y a-t-il une population plus à risque ? 

La réponse à cette question est complexe.

Classiquement les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de passage à l’acte suicidaire sont plus à risque.

De même certaines pathologies sont aussi identifiées comme étant plus à risque relativement au passage à l’acte suicidaire. Les personnes souffrant de dysthymie (bipolarité), les personnalités limites ou les patients schizophrènes (10 % des schizophrènes décèdent par suicide) sont également dans une certaine proportion sont susceptibles de faire des tentatives de suicide.

Mettre en avant des cadres nosographiques comme inducteurs d’une vulnérabilité particulière peut faire perdre de vue des situations qui peuvent être, elle aussi facteurs facilitant un passage à l’acte. L’échec ou la rupture que ce soit au plan professionnel ou au plan sentimental, l’annonce d’un diagnostic de maladie grave, peuvent être aussi des facteurs de vulnérabilité.

La consommation d’alcool ou de toxiques peut s’ajouter aux autres facteurs de vulnérabilité ou être le facteur déterminant la vulnérabilité.

Au total, nous retiendrons les différents contextes favorisant le passage à l’acte suicidaire :

  • Les maladies psychiatriques graves

  • Les antécédents de passage à l’acte suicidaire

  • Les situations conjugales conflictuelles (divorce …)

  • La perte d’emploi

  • Les troubles graves de la personnalité (personnalités borderline)

  • Les difficultés financières

  • Les personnalités impulsives ou agressives (Intolérantes aux frustrations)

  • Les traumatismes de la petite enfance

  • Les situations de deuil

  • Les situations de chômage

  • La consommation d’alcool ou de drogues

  • La retraite

  • Le harcèlement (Cyberharcèlement ….)

 

2) Quels signes doivent alerter les soignants ? Les proches ? 

Différents signes permettent de repérer la crise suicidaire. La verbalisation d’un projet de passage à l’acte n’est pas rare. Mais plus souvent il peut s’agir d’une modification du comportement ou des conduites instinctuelles. Une personne qui est habituellement calme se trouve en proie à une agitation anxieuse ou à l’inverse une personne ayant une activité normale se replie dans la passivité ou la clinophilie. Ou encore un patient qui cesse de s’alimenter et dont l’expression mimique devient douloureuse ou laisse comprendre que son esprit est envahi par des ruminations.

 

3) Quelle est la conduite à tenir si un soignant détecte un patient ou un collègue fragile ? 

La première chose c’est de surmonter sa propre angoisse pour ne pas majorer celle du patient. Il convient de rassurer et de montrer sa disponibilité pour l’écoute et l’accompagnement dans la recherche de solutions. L’encourager à solliciter de l’aide et informer le médecin ou le psychologue. Il convient de nouer une relation de confiance permettant l’expression de la souffrance ressentie. Évaluer l’existence d’un scénario élaboré ou non.

Le suicidant doit ressentir l’empathie du soignant qui se montre à l’écoute de la souffrance du suicidant, cela signifie ne pas être dans la stigmatisation ou la culpabilisation.

 

 

4) D'ici fin 2022, dans le cadre de la prévention, quelle action pourrait-on mettre en place dans la clinique ?  

 

La participation à cette journée est déjà une première action.

La diffusion de l’information peut se faire dans le cadre d’un groupe de travail pluridisciplinaire.

Des dispositifs d’accompagnement existent au plan national et sont déclinés localement, comme VIGILANS mis en place par l’EPSM.

La diffusion du numéro de plateformes comme SOS Amitié, font parties de actions à mener ;

Pour les soignants, il existe des dispositifs d’accompagnement, comme l’Association SPS (Soins aux Professionnels de Santé).

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Dr Guy Ursule, médecin psychiatre de la clinique

Télécharger la documentation de l'Association des soins aux professionnels de santé

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